Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:44

Que la pieuvre

redevienne paille-en-queue

 

Au-delà de leurs revendications salariales, les grévistes du Quotidien se battent contre le cynisme patronal et pour un retour vers plus de justice sociale.

pieuvre.jpg 

 

Pour obtenir 10% d’augmentation sur les bas salaires (ceux inférieurs à 1,4 Smic) et une prime exceptionnelle d’environ 1 000 euros, 70% du personnel du Quotidien, dont la quasi totalité des journalistes, se sont mis en grève le lundi 12 juillet. Depuis cette date aucun journal n’a été imprimé.

 

L’extraordinaire détermination des grévistes va chercher son origine au-delà de ces deux revendications. Ils demandent ni plus ni moins qu’un partage plus équitable des richesses qu’ils créent. Ils dénoncent la mise en place par leurs actionnaires d’un réseau de gestion, « la nébuleuse », concentré sur un seul objectif : l’utilisation des mesures publiques de défiscalisation et d’exonération de charges sociales pour l’enrichissement exclusif des dirigeants au détriment des salariés.

 

Ce schéma tend à se généraliser dans la plupart des groupes économiques structurés de La Réunion. C’est pourquoi le combat des employés du Quotidien peut aussi être celui de nombreux salariés de ce département, champion de France des injustices sociales.

Des salaires au plus bas

Seule la prime « Cospar » de 50 euros permet aux employés de presse – qui aux côtés de journalistes de la rédaction contribuent à la fabrication de votre journal – d’atteindre le montant minimum légal du Smic. 1 139 euros par mois après 20 ans d’ancienneté : c’est inadmissible.


Les journalistes (rédacteurs, photographes, secrétaires de rédaction) subissent quant à eux l’absence de toute politique salariale. Eux aussi, sont payés au niveau minimum légal fixé par leur convention collective. Ce qui fait qu’un journaliste ayant 2 ans d’expérience gagne 1 300 euros par mois son collègue ayant 20 ans d’expérience n’en gagne que 1 800 : c’est inadmissible.

 

Arguant des difficultés que rencontrent les entreprises de presse, la direction du Quotidien a encore accentué sa politique de rigueur ces dernières années en ayant de plus en plus recours à des contrats précaires et en rabotant les primes et les remboursements de frais. Ces « économies de bout de chandelle » se sont accompagnées d’un recul inédit du dialogue social.

Une nébuleuse financière

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La stagnation des revenus et la détérioration des conditions de travail sont d’autant plus inacceptables qu’elles se déroulent dans un groupe qui dissimule sa prospérité par le montage astucieux d’un réseau d’entreprises, avec toujours les mêmes actionnaires-salariés à leur tête, qui n’a d’autres fonctions que celle de rediriger tous les bénéfices vers les sociétés SPR et Médiafi (voir schéma ci-dessus). Une expertise comptable réalisée pour le compte du comité d’entreprise a permis aux représentants du personnel d’évaluer à un million d’euros, cette « évasion » vers les comptes en banque des patrons. C’est juridiquement légal, mais socialement détestable.

 

D’autant plus détestable que le Quotidien a su bénéficier, toujours aussi astucieusement, de toutes les aides publiques mises en place pour favoriser le développement de l’outre-mer. Un organe de presse qui a gagné l’attachement des Réunionnais par le regard critique qu’il a posé sur l’actualité de leur île, peut-il se fourvoyer dans les vices et les spéculations qu’il est censé dénoncer ? Assurément non.


Par leurs revendications salariales, les grévistes du Quotidien veulent que le symbole du Quotidien demeure ce paille-en-queue, signe d’espoir, plutôt que la pieuvre qui apparaît lorsqu’on regarde ce qu’est devenu l’organigramme de
leur entreprise.

 

Les mesures financées par les contribuables afin de favoriser l’emploi et le développement économique et social ont été allègrement détournées de leur but alors que les salariés doivent toujours se serrer un peu plus la ceinture. C’est cynique et ça ne peut plus durer. Au Quotidien comme ailleurs.

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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:33

Après deux jours de médiation perdus à courir après les chiffres que la direction ne voulait surtout pas mettre entre les mains de l’intersyndicale, la journée de vendredi aurait pu être celle de la sortie de crise. Sur des bases de calculs enfin partagées, et donc vérifiables, de réelles négociations auraient pu être menées.

 

C’était le souhait des médiateurs de la direction du travail, accepté sincèrement par l’intersyndicale. Qui, il faut le rappeler, était à l’origine de cette procédure, à laquelle ne s’est rangée la direction qu’après intervention du préfet. Mais Thierry Benbassat et Richard Chen-Chi-Song n’avaient pas réellement la volonté d’arriver à un compromis acceptable par tous. Toute la journée, ils ont feint de le proposer en tronquant systématiquement les calculs et en refusant tout aussi systématiquement les propositions de l’intersyndicale. Leur objectif – avoué puisqu’ils ont eux-mêmes fait référence à ce que leur ordonne le syndicat patronal auquel ils adhèrent - n’était que de punir ceux qui ont osé se révolter. Une main sur le coeur pour donner le change à l’administration qui valide leurs exonérations, l’autre prête à saisir le chabouk qu’ils refusent d’abandonner.


Le principe proposé par les médiateurs était de se retrouver au milieu du gué des propositions respectives. Soit sur une somme de 130 000 euros dont les modalités de répartition restaient à négocier. Deux conditions étaient posées : signer le jour-même et ne pas retourner devant ses mandants pour obtenir un accord. Malgré ses réticences sur cette dernière question – toutes les décisions avaient jusqu’ici été prises en AG –, l’intersyndicale a choisi d’accepter le deal pour tenter de sortir de la crise. Avec une limite : ne pas déroger à l’articulation sur laquelle elle était mandatée par les salariés entre augmentation de salaires et primes exceptionnelles. La direction a fait mine d’accepter de prendre, elle aussi, ses responsabilités. Mais la suite des événements a montré qu’elle ne servait que de relais à un interlocuteur qui préfère rester à distance.


Alors que la preuve de l’insincérité de la direction a plusieurs fois été démontrée calculette en main – son offre réelle était en fait de 111 000 euros –, elle a tenté d’introduire dans le débat la notion de groupe de presse. La même qu’elle refuse de prendre en compte depuis toujours. Pour elle, il s’agissait de faire comprendre aux salariés du Quotidien qu’il fallait modérer leurs prétentions parce que l’accord sera forcément étendu à Run Presse et à la Safi. Une manière d’acheter la paix sociale dans ces entreprises.


L’intersyndicale a accepté de le prendre en compte. Mais si les bénéfices du conflit devaient être étendus à ceux qui n’ont pas fait grève, ceux qui l’ont suivie ne peuvent pas recevoir moins qu’eux : tous les jours de grève doivent être payés. La direction a tombé le masque : inacceptable pour le Medef. Le terrain des négociations n’était donc pas celui d’une sortie de conflit au sein d’une entreprise. Ce n’était pas plus la préservation des intérêts de tous au sein de cette collectivité d’intérêt. C’était un combat idéologique : ne pas céder aux syndicats, rester du bon côté du bâton, ne pas permettre que d’autres salariés, ailleurs, commencent à rêver d’une autre répartition des bénéfices.


L’intersyndicale a multiplié les propositions d’articulations financières qui permettaient d’une part de rester dans l’enveloppe définie par les médiateurs et, d’autre part, de permettre à chacune des catégories sociales de l’entreprise de tirer les bénéfices de ce long conflit. Elle a même accepté de mettre l’augmentation indiciaire dans son calcul. Résultat : une enveloppe de 135 000 euros, contre 122 000 euros sans cet indice automatique de simple rattrapage du pouvoir d’achat, qui ne doit rien à la générosité de notre patron.


Les refus ont été systématiques. C’était la proposition patronale ou rien. Et l’explication a été claire. Il ne fallait pas «afficher», selon les propres termes de Thierry Benbassat, une victoire syndicale et permettre que la prime couvre, même seulement pour quelques-uns, les jours de grève.


Devant l’absence de volonté de sortir de la crise et la malhonnêteté intellectuelle de la direction, l’intersyndicale a constaté l’échec de la procédure de médiation. Une nouvelle procédure, celle de la conciliation, devrait s’ouvrir. Elle ne pourra pas s’ouvrir avant mercredi. Et la direction porte seule la responsabilité de ce nouveau report.

 

Les négociateurs de l’intersyndicale.

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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:19

30 juin 1977 : la reconnaissance

Moins d’un an après sa sortie, le 13 septembre 1976, Le Quotidien de La Réunion est liquidé par le tribunal de commerce. Lors du prononcé du jugement, le 30 juin 1977, le président du tribunal interpelle personnellement le directeur de publication, M. Maximin Chane Ki Chune, en lui donnant fermement l’ordre de faire cesser la parution du journal dès le lendemain.


Informés de cette interdiction, les personnels du Quotidien (journalistes et employés) se mobilisent, occupent les locaux et décident de poursuivre la fabrication et la diffusion du journal, aidés par de nombreux bénévoles et des partis politiques.
Le nom de Maximin Chane Ki Chune disparaît de la « une » du journal remplacé par la mention : « numéro rédigé, imprimé et diffusé par le personnel du Quotidien de La Réunion ». Vingt jours plus tard, suite à une procédure d’appel, le tribunal de commerce répond favorablement à une reprise officielle de l’activité, première étape du redressement du journal (voir ci-dessous le fac-similé).

 

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22 juillet 2010 : le mépris


Trente trois ans ont passé depuis la liquidation du Quotidien. Le journal est devenu le numéro un de la presse quotidienne réunionnaise. Mais, à en croire la direction, les salariés les plus anciens n’y sont pour rien.


Jeudi 22 juillet 2010, lors d’une discussion entre les représentants des grévistes et ceux de la direction, en présence de l’inspectrice du travail, M. Richard Chen-Chi-Song, responsable juridique, commente ainsi l’attitude de la direction vis-à-vis des salariés : « Quand on vous conserve plus de vingt ans dans l’entreprise, c’est un cadeau que l’on vous fait ».

 
Merci patron.

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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:15

La dernière fois où Le Quotidien n’était pas paru, suite à un mouvement social, c’était en août 1982. Pendant huit jours, il n’avait pas été présent chez les marchands de journaux et dans les boites aux lettres.


La grève avait été déclenchée le 16 août au soir par le personnel de la société Safi (monteurs, correcteurs, rotativistes, etc). Les journalistes présents dans la rédaction s’étaient montrés solidaires en refusant de participer à la fabrication du journal qui n’était pas paru le lendemain. Une assemblée générale de la rédaction avait ensuite entériné la grève pour soutenir les revendications du personnel de la Safi : prime d’ancienneté, service des six heures, majoration de 15% des heures de nuit, etc.


Le Quotidien n’a pu reparaître que le jeudi 26 août, après un accord entre les grévistes et la direction, sous l’égide de l’inspection du travail. Les deux parties avaient alors signé en « une » un texte commun pour expliquer que ces jours de non-parution n’étaient dus qu’à un conflit social et non à des « divergences politiques » au sein de la rédaction, comme l’avait prétendu un journal concurrent.

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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:07

RunPress.jpgLa grève des employés de la Sas le Quotidien ne doit pas occulter celle des livreurs du journal, salariés de la société Run Presse. Une partie de ses employés ont arrêté le travail depuis le vendredi 16 juillet, afin de dénoncer des conditions de travail d’un autre âge: pas de congés payés, obligation pour ceux qui veulent aller en vacances de trouver leur propre remplaçant et de le rémunérer… avec leur propre salaire (si, si, c’est malheureusement vrai !), livraison 7 jours sur 7, en utilisant son véhicule personnel et avec un défraiement minimum (23 centimes du kilomètres)…

 

Depuis plus d’une semaine, les grévistes attendent, en vain, des réponses de leur direction. Une enquête administrative a par ailleurs été ouverte par l’inspection du travail.

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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 14:43

Huguette Bello (députée-maire PCR)

 

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« Cette situation est scandaleuse, on ne peut pas rester indifférente à cette grève. Il faut que Le Quotidien continue à vivre ».

Patrick Lebreton (député-maire PS)

« Au-delà de l’inflexibilité d’une direction qui rechigne à réellement entamer des négociations, ce conflit pose le problème de la condition sociale des journalistes et des salariés de presse dans les territoires enclavés ».

Daniel Gonthier (maire de Bras-Panon)

 

Il soutient « la démarche des salariés du Quotidien dans le conflit qui les oppose à la direction du journal. C’est grâce à leur travail que Le Quotidien occupe la place qui est la sienne sur l’échiquier de la presse quotidienne régionale ».

Eric Soret (NPAR)

« Ce conflit social met en évidence, une fois de plus, que la répartition des bénéfices d’une entreprise ne se fait jamais en faveur des salariés mais toujours en faveur des dirigeants capitalistes, de surcroît avec les aides de l’Etat ».

Le Parti de Gauche

 

Il soutient les grévistes du Quotidien « Bien comprise, cette initiative là devrait pouvoir s’élargir à toute la corporation puis s’inscrire dans un mouvement général du type « révolution citoyenne » pour aboutir à une redistribution plus juste des gains de productivité ».

Cyrille Hamilcaro (Nouveau Centre)

« Nous apportons tout notre soutien aux salariés du Quotidien qui n’ont d’autres objectifs que de sauver leur outils de travail dans le respect et la dignité ».

Le Groupe Trotskyste Réunionnais (GTR)

Il apporte son « soutien inconditionnel jusqu’à satisfaction de leurs revendications aux salariés du Quotidien en grève, ainsi qu’aux livreurs de la société Run Presse qui se sont joints au mouvement ».

Ivan Hoareau (CGTR)

« Par la création de toute une batterie de sociétés, il s’agit principalement de faire remonter l’argent, en toute opacité,
dans des sociétés à l’abri de l’intervention des salariés. Ce sont de véritables sociétés ventouses, appartenant aux mêmes actionnaires (..) pour faire remonter l’argent aux mêmes, ceux bien privilégiés ».

Jocelyn Cavillot (Solidaires)

« Ces salariés ne réclament ni plus ni moins qu’un rétablissement de leur pouvoir d’achat, notamment celui des bas salaires (moins de 1,4 Smic) et une prime exceptionnelle pour les autres».

SNJ

« La crise de la presse écrite ne peut pas être une excuse, d’autant que la revendication des salariés ne représente
que 0,8% du chiffre d’affaire du Quotidien ».

Cyrille Lauret (CFE-CGC de la communication)

« Les entreprises réunionnaises s’appuient régulièrement sur le taux de chômage et de précarité nettement plus élevé dans notredépartement que dans toute autre région de métropole pour pratiquer le dumping social et salarial afin d’engranger le maximum de profit au seul bénéfice de quelques nantis nostalgiques d’une époque révolue ».

Paul Junot (CFTC)

« Il y va aujourd’hui de la crédibilité de ces actionnaires millionnaires d’éviter que l’hypertrophie de la finance dontils sont les adeptes convaincus finisse par décrédibiliser le journal qui est la source de leur richesse. Pour cela, il faut sortir de la démarche d’égoïsme actuelle par un partage équitable des richesses produites à tous les niveaux de l’entreprise et mettre fin à l’exploitation éhontée dont sont victimes les salariés ».

Pascal Valiamin (Union Snui-Sud Trésor)

« En demandant une augmentation de leur pouvoir d’achat, nos camarades du Quotidien réclament la juste reconnaissance des efforts accomplis, ces efforts qui ont permis justement aux dirigeants et aux actionnaires de profiter des bénéfices ».

Daniel Carron (FO-PTT)

Il soutient « totalement les salariés du journal Le Quotidien dans leur revendication d’augmentation de salaire ».

SNJ-CGT

« Ce conflit met au premier plan une structuration d’entreprise de presse complexe et peu transparente dans laquelle l’expression d’un média et de ceux et celles qui le produisent est sous la coupe d’un patron de holding (MEDIAFI) et d’un petit groupe d’actionnaires aux intérêts capitalistiques diffus ».

Rédac de Témoignages

« Si Le Quotidien est devenu une entreprise qui fait du profit, elle le doit aux efforts et au travail de ses salariés. La question qui se pose est une plus juste répartition de ses profits ».

Eglise de La Réunion

« Le Quotidien a largement contribué à sortir La Réunion de sa chape de silence, d’ignorance, de mésestime d‘elle-même. Ce que nous sommes aujourd’hui lui doit beaucoup ».

Jean-Louis Rabou (ancien rédacteur en chef du Quotidien)

« Le Quotidien doit redevenir ce qu’il fut, pour le salarié, pour le lecteur, mais déjà pour sa direction, c’est-à-dire M.Chane Ki Chune : un journal départemental (presque) de référence et (presque) exemplaire ».

Alliance des Réunionnais contre la Pauvreté

« Au vu des chiffres rendus publics par les grévistes, notre mouvement considère que les revendications sont à la portée du journal. Il est légitime que soit instaurée une meilleure répartition des richesses pour le bien-être de tous ».


 

Les grévistes du Quotidien ont également reçu le soutien de :

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Arast.jpgGilbert Annette (maire de Saint-Denis), Jean-Claude Fruteau (député-maire de Saint-Benoît), Jean-Yves Minatchy (CGPER), Jean-Yves Payet (Lutte Ouvrière), Jean-Pierre Rivière (CFDT), André Thien-Ah-Koon, Eric Delorme (PSR), les ex-salariés de l’Arast, etc.

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Le Quotidien est en grève

Depuis le 12 juillet, les salariés du Quotidien sont en grève pour revendiquer une revalorisation des plus bas salaires et l'attribution d'une prime exceptionnelle.

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